Je suis sûr que cela vous est déjà arrivé. En pleine nuit, votre sommeil est interrompu, non par un bruit mais par une pensée fulgurante. Pas une idée géniale ou une révélation mystique – du moins en ce qui me concerne – juste le rappel d’une action que l’on a oublié d’accomplir dans la journée. Cela m’est arrivé la semaine dernière et vous en êtes indirectement la raison même si j’en suis le responsable. Pour ceux qui s’en souviennent, l’édito de dimanche dernier avait trait au plus récent opus de la saga Intermarché. La presse en avait suffisamment fait état pour que l’essentiel de ma petite audience sache de quoi il retournait. Néanmoins, la probabilité que certains d’entre vous n’aient pas eu l’occasion de le découvrir n’étant pas nulle, j’avais prévu d’insérer un lien vers la page YouTube sur lequel il est visible. Chose que j’avais oublié de faire et dont le souvenir m’a réveillé. Cela n’arrivera pas cette semaine car vous avez forcément eu vent du coup réalisé par Tesla avec son auto volante. Cette vidéo m’a littéralement transporté et j’assume ce mauvais jeu de mots. Bien sûr, il ne s’agit que d’un prototype dont la transformation en modèle homologué pour le grand public est loin d’être acquise. Tout aussi vraie est la vanité de cette présentation qui rappelle celle du roadster de la même marque qui tourne en orbite autour de la terre depuis huit ans. Cependant, en dépit des immenses réserves que suscite Elon Musk, particulièrement sur le plan politique, on ne peut que reconnaître son talent autant que son audace aussi bien technologique que marketing. En matière de lancement automobile, cette opération fumante est un coup de maître et l’on a rarement fait plus frappant. Et ce n’est pas le défilé de films de pubs d’une affligeante banalité auquel on assiste à l’occasion du Mondial de l’Auto qui me démentira.
Dans un marché aussi déprimé que celui de cette industrie bousculée par la concurrence venue de Chine, l’heure devrait pourtant être à l’audace. D’autant que la technologie offre aux annonceurs et à leurs agences des terrains d’expression toujours plus sophistiqués. J’en ai eu la preuve en assistant à une conférence organisée par mes amis de The Media Leader sur les derniers développements de la télévision connectée. Toute une matinée pour faire le point sur l’état de l’art de ces appareils désormais présents dans la plupart des foyers, y compris le mien. Malgré mon intérêt pour le sujet, je dois reconnaître que j’ai eu du mal à suivre les key notes, tables rondes et autres présentations. En dépit de l’indéniable qualité des intervenants et de la tenue des débats, j’avoue avoir décroché assez rapidement face aux enjeux de « l’ad decisionning » ou du « reach incrémental ». Ne me demandez pas de vous expliquer, je ne peux pas et c’est bien le problème. Débordé par ce flot d’informations, j’ai quand même retenu que, selon l’un des intervenants, nous sommes chaque jour exposés en moyenne à plus de 800 contenus publicitaires. Un volume qui devrait obliger les professionnels à revenir aux fondamentaux. Et se souvenir que dans la fameuse accroche écrite en 1959 par Bill Bernbach pour inciter les consommateurs américains à considérer la petite Coccinelle Volkswagen : « Think small », c’est le premier mot le plus important. C’est toujours vrai aujourd’hui.
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